Sénégal : Les Églises se mobilisent face au drame de la traite des jeunes — Communauté d'Églises en mission

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Sénégal : Les Églises se mobilisent face au drame de la traite des jeunes

À Dakar, la lutte contre la migration irrégulière et la traite des personnes prend une dimension éthique et spirituelle. Un séminaire régional coorganisé par l’Église protestante du Sénégal et la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA) a réuni, il y a quelques jours, les acteurs du pays : représentants de l’État, forces de sécurité, agences de l’ONU, leaders religieux et éducateurs.

À Dakar, la lutte contre la migration irrégulière et la traite des personnes prend une dimension éthique et spirituelle. Un séminaire régional coorganisé par l’Église protestante du Sénégal et la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA) a réuni, il y a quelques jours, les acteurs du pays : représentants de l’État, forces de sécurité, agences de l’ONU, leaders religieux et éducateurs.

Le constat dressé par le révérend André Ouattara, modérateur de l’Église protestante du Sénégal, est particulièrement alarmant. Sur les côtes sénégalaises, les départs clandestins vers l'Europe se poursuivent à un rythme soutenu : en 2025, le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI) indiquait avoir interpellé 6 662 migrants au Sénégal, déféré 309 convoyeurs et arraisonné 63 embarcations.

 

Au cœur de cette crise migratoire se dissimule une plaie encore plus sournoise : la traite des personnes sur le sol national. Selon le rapport 2024 du Département d’État américain, 622 victimes de traite ont été identifiées et prises en charge au Sénégal, dont 583 enfants, principalement exploités à travers la mendicité forcée et l'exploitation sexuelle. Ces chiffres rappellent que les mineurs subissent aussi bien les pièges du trafic interne que les risques mortels de l'exil maritime.

 

Pour les responsables religieux, combattre ce fléau impose d'avoir le courage d'en nommer les causes profondes. Au-delà du chômage et de la précarité, la pression sociale et familiale joue un rôle dévastateur lorsqu'elle ne valorise que la réussite financière obtenue à l'étranger, quel qu'en soit le coût humain.

 

Les réseaux sociaux alimentent également des illusions trompeuses qui occultent les pièges de l'esclavage moderne et les drames en mer. Dénoncer les passeurs est nécessaire, mais insuffisant si l'on ne déconstruit pas ce mythe de l'Eldorado.

 

Face à ces tragédies, l’Église protestante du Sénégal entend dépasser le stade des simples déclarations d'intention. Elle réaffirme sa volonté d'être une force morale proactive qui alerte, éduque et protège au quotidien. Cela passe par la formation des éducateurs communautaires, le renforcement des mécanismes de signalement avec l'État et l'OIM, ainsi que l'accompagnement des survivants vers une réinsertion digne. En rappelant la valeur sacrée de chaque vie humaine, l'engagement est clair : bâtir des opportunités locales pour que rester devienne une perspective crédible et que partir demeure un libre choix.

Senegal: Churches take action in the face of the tragedy of child trafficking

 

In Dakar, the fight against irregular migration and human trafficking is taking on an ethicaland spiritual dimension. A regional seminar co-organised by the Protestant Church of Senegaland the All-Africa Conference of Churches (CETA) brought together key stakeholders fromacross the country a few days ago: government representatives, security forces, UN agencies, religious leaders and educators.

 

The assessment made by Reverend André Ouattara, Moderator of the Protestant Church of Senegal, is particularly alarming. Along the Senegalese coast, clandestine departures for Europe continue at a steady pace: in 2025, the Interministerial Committee for the Fightagainst Irregular Migration (CILMI) reported that it had apprehended 6,662 migrants in Senegal, referred 309 smugglers for prosecution and intercepted 63 vessels.

 

At the heart of this migration crisis lies an even more insidious scourge: human traffickingwithin the country. According to the US State Department’s 2024 report, 622 victims of trafficking were identified and assisted in Senegal, including 583 children, who were mainlyexploited through forced begging and sexual exploitation. These figures serve as a reminderthat minors face both the pitfalls of internal trafficking and the deadly risks of sea-based exile.

 

For religious leaders, combating this scourge requires the courage to identify its root causes. Beyond unemployment and precarious living conditions, social and family pressure plays a devastating role when it values only financial success achieved abroad, whatever the humancost.

 

Social media also fuels misleading illusions that obscure the pitfalls of modern slavery and the tragedies at sea. Exposing people-smugglers is necessary, but insufficient unless wedismantle this myth of an ‘Eldorado’.

 

In the face of these tragedies, the Protestant Church of Senegal intends to move beyond meredeclarations of intent. It reaffirms its commitment to being a proactive moral force that raisesawareness, educates and protects on a daily basis. This involves training communityeducators, strengthening reporting mechanisms with the state and the IOM, and supportingsurvivors towards a dignified reintegration. By reaffirming the sacred value of every humanlife, the commitment is clear: to create local opportunities so that staying becomes a credibleprospect and leaving remains a free choice.

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