La situation des chrétiens au Maroc est actuellement pour le moins inquiétante, suite à l'expulsion de travailleurs humanitaires chrétiens qui s'occupaient d'un orphelinat à 70 km de la ville de Fès.
L'ONG Portes Ouvertes, qui défend les chrétiens dans le monde, a exprimé aujourd'hui son inquiétude au sujet de la hausse, selon elle, d'actes antichrétiens au Maroc d'où ont été récemment expulsés de nombreux missionnaires étrangers, accusés de prosélytisme.
L'ONG "s’inquiète de l’augmentation des actes antichrétiens dans le Royaume du Maroc depuis quelques mois", selon un communiqué qui demande si "le Maroc serait en train de faire marche arrière dans sa volonté d’ouverture et de respect des droits de l’Homme". Selon l'ONG, 20 personnes, dont cinq couples ayant adopté des enfants, sont visées par la mesure d'expulsion qui s'inscrit, ont indiqué les autorités marocaines, dans le cadre de la "lutte menée contre les tentatives de propagation du credo évangéliste, visant à ébranler la foi des musulmans".
« Certains d’entre eux faisaient du prosélytisme de façon tout à fait ouverte depuis des années, d’autres étaient impliqués dans un travail social qu’ils vivaient simplement comme un partage de leur foi par la solidarité, d’autres encore n’avaient rien à voir avec une quelconque affaire de prosélytisme et ont été relâchés par les forces de l’ordre. Le laisser faire des autorités pendant plusieurs années avait laissé croire à certains que la loi interdisant le prosélytisme était tombée dans les oubliettes, mais, d’évidence, ce n’était pas le cas…
En tant qu’Eglise, accueillie dans un pays musulman, nous n’entendons pas porter de jugement sur les lois marocaines que nous nous efforçons de respecter. Nous entendons réagir seulement sur la méthode. Pour la première fois, la police est entrée (sans aucun mandat) dans une Eglise, un dimanche pour arrêter deux chrétiens. Les deux participants, un tchadien et un congolais étaient seulement accusés d’avoir eu des relations avec un chrétien marocain (ce qu’aucun loi, à ma connaissance, n’interdit)… après un court interrogatoire, ils ont été évidement innocentés. Il n’en demeure pas moins que l’intervention de la police dans une Eglise un dimanche est un acte symbolique qu’il nous paraît important de relever.
Dans ce genre d’affaire, nous craignons beaucoup les amalgames. En effet, il est très difficile pour les autorités marocaines de comprendre les liens (ou absence de liens) qui existent entre ces mouvements missionnaires et les Eglises instituées et peu d’efforts sont faits en ce sens.
Bien entendu, nous espérons poursuivre le dialogue avec les autorités marocaines sur cette question de façon à comprendre et à expliquer. Des contacts ont lieu en ce sens. »
Hier, mercredi 10 mars 2010, d’autres nouvelles nous sont parvenues:
« Les nouvelles sont que les expulsions vont se poursuivre. Des listes d'indésirables ont été remises aux ambassades concernées. Pour l'instant, personne de notre Eglise n'a été expulsé (mais certains Catholiques et Anglicans). A ma connaissance, les marocains interrogés ont tous été relâchés. Les membres de la Commission Exécutive verront dans la presse marocaine de demain un communiqué qui sera largement diffusé. Il faut savoir qu'il nous a été "demandé" par le ministre de l'intérieur lui-même et qu'il le voulait dans les deux heures... Je n'ai donc pas pu vous consulter tous. C'est pour cette raison que nous parlons en notre nom. Nous l'avons rédigé avec l'archevêque pensant qu'il était plus sage de répondre à la demande du ministre... En retour, j'ai demandé au ministre qu'il nous reçoive, ce qu'il a accepté. Nous avons donc rendez vous demain matin, jeudi pour parler de tout cela. J'irai avec l'archevêque. »
Dans l'attente de nouvelles, gardons l’EEAM dans nos prières, souhaitant que le Seigneur lui-même les illumine sur la conduite à tenir.