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Daniel Dushimimana : mission au Maroc

Culte EEAM

Le pasteur rwandais Daniel Dushimimana, envoyé de la Cevaa au Maroc depuis août 2013, nous parle de son expérience.

Enseignant et pasteur à l’Eglise presbytérienne au Rwanda (EPRw), il a servi dans différentes paroisses et a été chargé du Programme des relations islamo-chrétiennes dans son pays, au sein du Centre de Formation et de documentation de l’EPRw.

 

Il nous parle ici de sa mission au Maroc, où il s’est installé avec sa femme Dina Nyiransengimana et leurs quatre enfants.

 

« Depuis mon plus jeune âge, j’ai senti l’appel au ministère pastoral, que je comprends comme une occasion de servir les autres et de partager l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Voilà la vision et le ressourcement de mon ministère que je partage avec la famille que Dieu m’a donné : « Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés » (Hé 2 :13b) », nous écrit-il.

 

Daniel Dushimimana et son épouse Dina Nyiransengimana

Départ en mission au Maroc

 

« Servir les autres dans le cadre du ministère pastoral, c’est pour moi être disponible pour Dieu en vue de servir son peuple, peu importe les lieux et les circonstances. C’est dans ce contexte que je suis envoyé de la Cevaa au sein de l’Eglise Evangélique au Maroc (EEAM). Auparavant, je ne pensais pas pouvoir être pasteur dans un pays comme le Maroc, pays musulman n’ayant pas de relations directes avec le Rwanda sur beaucoup de sujets.

 

Je me rappelle, quand j’étudiais au Kenya [dans le cadre d’un master en Islam et relations islamo-chrétiennes] des cours comme l’arabe et des sciences islamiques, qu’un membre de ma famille m’a demandé pourquoi je suis venu suivre ces études alors qu’il n’y a pas beaucoup de musulmans au Rwanda. Cette question m’a interpellé et je me questionnais sur le but de mes études. Mais je réussissais très bien : j’ai reçu deux prix du meilleur étudiant en arabe pendant les deux années de mes études, alors que nous étions avec des Soudanais qui parlaient déjà l’arabe !

 

Remise de diplôme

Remise de diplôme

 

Ce fut juste après ce master, en octobre 2012, que le Président de mon Eglise, le Rév Dr Elisée Musemakweli, m’informa de la possibilité de candidater au poste d’animateur Théologique au Maroc comme envoyé de la Cevaa. Je sais que, sans ce passage très difficile par le master, mon dossier n’aurait pas retenu l’attention de l’EEAM et de la Cevaa, compte tenu du contexte de la mission.

 

Je vois cette dernière, pas comme une démarche personnelle, mais plutôt comme une démarche de Dieu à travers son Eglise, dans laquelle je me suis inscrit comme pasteur et qui m’a conduit, ma famille et moi, sur ce sol de l’extrémité de la terre, selon la pensée du temps du Nouveau Testament, pour être témoin de l’amour du Christ (Actes 1 :8). »

 

Les objectifs de la mission

 

« Ma mission au sein de l’EEAM vise deux objectifs : assurer la responsabilité pastorale de la paroisse de Rabat et l’animation théologique dans toutes les paroisses de l’EEAM. A ces objectifs s’ajoute l’accompagnement des pasteurs stagiaires en cours de formation à l’Institut de Théologie Al-Mowafaqa, situé à Rabat, et d’autres charges : je suis membre de la commission exécutive de l’EEAM, de la commission de discernement des ministères et de la commission théologique. J’assure également la formation au sein de l’EEAM aux niveaux local et national. »

 

Accueil et découverte

 

« Notre arrivée dans ce pays a marqué un changement dans la vie de notre famille : c’était une première expérience familiale hors du Rwanda.

La façon dont nous allions être accueillis au sein de l’EEAM allait être déterminante. Un temps de découverte de plusieurs aspects multiculturels et ministériels allait nous permettre de nous situer et de pouvoir remplir notre mission. Une découverte plus approfondie nous a offert une acquisition d’expériences pratiques de la mission.

 

Nous avons bénéficié d’un bon accueil aussi bien au niveau local à la Paroisse de Rabat et au niveau National de l’EEAM, ce qui a été manifeste lors du culte de mon installation le 13 avril 2014.

Dès notre arrivée, nous nous sommes impliqués dans la mise en œuvre de mon cahier des charges. Je n’aurais rien su accomplir sans passer par une phase de découverte et d’observation de fonctionnement au sein de l’EEAM : j’ai pu visiter toutes les paroisses de l’Eglise. »

 

Formation

Formation

 

Synode national

 

« Le Synode National de Novembre 2013 a décidé d’engager l’Eglise sur le thème du témoignage et de la croissance, mission qui a été confiée à la commission théologique. Nous avons tenu des séances d’animation théologique sur ce sujet à tous les niveaux de l’EEAM, animation qui ont abouti à l’adoption du document sur le témoignage et la croissance de l’Eglise dans le Synode National de novembre 2014. »


 

La situation de l’Eglise Evangélique au Maroc

 

« L’EEAM est une Eglise Protestante œuvrant sur le sol marocain musulman. Avec l’Eglise Catholique, elles sont les seules Eglises reconnues par les autorités marocaines. Pourtant, beaucoup d’autres Eglises se trouvent au Maroc dont des Eglises souterraines.

 

Implantée au Maroc depuis 1907, l’EEAM est issue de l’Eglise Réformée de France. Compte tenu de son contexte d’implantation dans un milieu musulman, elle a pris une connotation « d’Eglise des étrangers » sur le sol marocain.

 

Entre les années 1980 et 1990, alors que le nombre des Européens diminuait considérablement et que l’Eglise Réformée de France allait procéder à la fermeture et à la vente des Temples, comme un miracle divin, le Maroc a ouvert les portes de ses universités aux jeunes étudiants sub-sahariens qui ont revitalisé les Eglises du Maroc, dont l’EEAM.

 

En tant que telle, l’EEAM constitue une Eglise à échelle continentale et internationale : c’est une Eglise d’accueil et d’envoi, un lieu multiculturel et interconfessionnel de formation.

 

Cette réalité a été appréciée par le Révérend Docteur André Karamaga, actuel Secrétaire Général de la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique (CETA/AACC) lors de sa participation au culte dans la paroisse de Rabat, le 21 Septembre 2014 et après sa participation aux cérémonies d’inauguration de l’Institut de Théologie Al-Mowafaqa.

 

Il a dit que l’EEAM est un lieu de rencontre de plusieurs Eglises d’Afrique et d’ailleurs, un lieu du vécu de tolérance et de compréhension entre les chrétiens venant des différentes confessions chrétiennes. »

 

Culte

Culte

 

Les ressentis sur la situation politique, économique et sociale au Maroc

 

« Le Maroc est un pays majoritairement musulman : sur une population de plus de 35 millions d’habitants, 98,7% sont musulmans, 1,1% sont chrétiens et 0,2% sont juifs. Bien que la constitution marocaine prévoie la liberté de culte, le gouvernement impose des restrictions à ce droit dans la pratique. Les Marocains chrétiens ne peuvent pas pratiquer leur foi en public (« underground churches »).

 

L’EEAM comme tant d’autres Eglises est constituée essentiellement d’étrangers et le fait d’annoncer la Bonne Nouvelle aux Marocains est puni par la loi comme incitation à ébranler la foi des Marocains. L’Eglise vit donc en marge de la société marocaine. »

 

Conclusion

 

« Nous sommes satisfaits de notre vie au Maroc, de la stabilité socio-politique et économique du pays. Nous remercions aussi l’Eglise qui nous a accueillis ainsi que la Cevaa qui nous donne les moyens nécessaires pour mener à bien notre mission.

Après deux années d’observation et d’acquisition d’expérience, nous espérons que les deux années à venir seront davantage axées sur l’accomplissement des objectifs de la mission tout en nous intégrant plus dans la culture et la société du pays d’accueil. »

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