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Centrafrique : « Comprendre les racines de la violence extrême »

Une délégation de religieux et intellectuels français s'est rendue à Bangui du 22 au 25 octobre, emmenée par le pasteur Jean-Arnold de Clermont. Objectif : permettre les échanges avec des intellectuels centrafricains, témoins directs des horreurs de la crise que traverse leur pays. Ces rencontres ont eu lieu alors que Bangui venait de traverser un nouvel épisode de violences, qui avait retardé l'arrivée au Sénégal des délégués centrafricains invités à l'AG de la Cevaa.
Le site de l’EPCRC

>> Retrouvez l’article de La Croix : "A Bangui, face à la violence extrême" <<
>> Message de Centrafrique : « Nous sommes dans la fournaise » <<
>> Visite de solidarité à Bangui : le dossier de la Cevaa <<

Bangui, avril 2014 : des jeunes de l’Eglise protestante Christ-roi évoquent la crise de leur pays lors d’un groupe de parole en présence d’une délégation chrétienne internationale. © Claire Bernole pour Défap

Que dire de la Centrafrique ? Les images qui nous en parviennent, de manière sporadique et à l’occasion de l’une ou l’autre bouffée de violences, sont souvent d’une horreur qui laisse sans voix. Dans la plupart des cas, elles sont analysées sous le seul angle du conflit interreligieux - angle caricatural, laissant de côté une bonne partie des causes qui ont produit le chaos centrafricain, et contre lequel s’insurgent les responsables religieux centrafricains eux-mêmes. Mais le spectacle de la violence semble un défi à l’analyse, à la compréhension, et même à toute volonté d’apporter une aide.

C’est pour « comprendre les racines de la violence extrême » qu’une délégation de religieux et intellectuels français s’est rendue à Bangui du 22 au 25 octobre. Emmenée par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, elle comptait notamment dans ses rangs Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France, l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou, ainsi que des universitaires et intellectuels reconnus comme l’historien Jacques Sémelin, le magistrat Antoine Garapon, ou encore la sociologue Françoise Parmentier, présidente de l’association d’intellectuels chrétiens Confrontations.

Au programme de la délégation, pas moins de cinq tables rondes organisées en trois journées denses de rencontres, avec plusieurs dizaines de participants centrafricains. Plusieurs lieux symboliques : l’université de Bangui, le grand séminaire catholique, la Faculté de Théologie Évangélique de Bangui (FATEB), l’Alliance française... Objectif : libérer la parole des intellectuels centrafricains. Leur permettre d’exprimer l’horreur de la violence quotidienne, mais aussi les raisons profondes de cette violence. Ces rencontres ont été suivies par un journaliste de La Croix, Laurent Larcher, envoyé spécial à Bangui, auteur d’un compte-rendu poignant sur l’une de ces rencontres au cours de laquelle une responsable d’un mouvement de jeunesse évoquait notamment, face aux traumatismes des visions de meurtres, dépeçages, pillages, l’inévitable « esprit de vengeance (...) qui traîne dans nos têtes ».

 

>> Retrouvez l’article de La Croix : "A Bangui, face à la violence extrême" <<

Des groupes armés profitant de l’instabilité

 

 

Ferdinand Bombayaké

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Cette visite de la délégation a eu lieu précisément alors que Bangui venait de vivre une nouvelle explosion de violences, quelques jours plus tôt. Bilan : des affrontements quasi-quotidiens dans la capitale centrafricaine pendant près de deux semaines, au moins une quinzaine de tués et de multiples pillages ; des attaques contre les Casques bleus (qui ont compté dans leurs rangs un tué et une vingtaine de blessés). Le tout souvent provoqué par des petits groupes armés profitant de l’instabilité et des affrontements entre ex-Sélékas et anti-balakas pour rançonner les habitants. L’aéroport de Bangui, s’il n’a pas été formellement fermé, est resté inaccessible pendant plusieurs jours (bloquant même sur place des délégués centrafricains qui devaient se rendre à l’Assemblée Générale de la Cevaa au Sénégal, et dont vous pouvez retrouver les témoignages ci-contre) ; mais la délégation française a néanmoins pu se rendre sur place et organiser ses tables rondes...

Ce n’est pas la première visite de solidarité ainsi organisée en Centrafrique. Une délégation comprenant des représentants de la Cevaa - Communauté d’Eglises en mission, du Défap et de la Ceta (Conférence des Eglises de toute l’Afrique), qui s’était rendue à Bangui au mois d’avril dernier, avait déjà permis d’évaluer les besoins et de tisser des liens avec d’autres Eglises elles aussi confrontées aux mêmes défis : Eglises évangéliques, Eglises adventistes, qui accueillaient alors dans leurs locaux des centaines de réfugiés... Le président du Défap, Jean-Arnold de Clermont, se rend lui-même régulièrement sur place. La Cevaa et le Défap s’efforcent d’agir par l’ouverture d’un poste pastoral à Bangui, par le soutien à une cellule d’aide psychologique. Le simple fait de savoir que d’autres Eglises, hors de Centrafrique, les portent dans leurs prières, est déjà un soutien pour les Eglises centrafricaines...

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