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Cameroun : le CAFRAD offre un avenir aux jeunes

Le Genevois André Paley vient de partir au Cameroun en tant qu'envoyé DM-Cevaa, pour travailler au centre d'échange et de formation (CEF) du CAFRAD. L'occasion de faire le point sur le Centre d'animation de formation de recherche et d’appui au développement, œuvre sociale privée de l'Église évangélique du Cameroun particulièrement consacrée aux jeunes, dans un contexte de chômage massif générateur de forte instabilité sociale.
  Fiche d'Église : l'Église évangélique du Cameroun 

 

Le CEF (Centre d’échange et de formation) du CAFRAD (Centre d’animation de formation de recherche et d’appui au développement), à Douala © DM-échange et mission

La présentation suivante est un résumé d'un article plus complet diffusé initialement par l'Église évangélique du Cameroun.

"Comme tous les pays, le Cameroun connaît le problème du chômage des jeunes. Ce chômage se fait sentir d’autant plus fort que les jeunes vivant dans une grande ville comme Douala sont vivement confrontés aux affres qu’une ville moderne peut présenter, et inquiets en ce qui concerne leurs perspectives d’avenir.

Les centres de formation, tels que le CAFRAD essayent de pallier cette situation en offrant une gamme de formations professionnelles. Le programme CAFRAD est un défi et en même temps une grande opportunité de renforcer la position des jeunes et, par là, de contribuer aussi à la stabilité sociale, à la conservation de la paix au Cameroun.

A. Un contexte social difficile

En l’an 2000, la population du Cameroun a été estimée à 15.056.000 habitants pour une densité de 32.7 habitants / km². Cette population est essentiellement jeune avec 56% âgée de moins de vingt ans. Le taux de scolarisation moyen est évalué à 76 ,3%, l’espérance de vie quant à elle de 57 ans (sources : INS, Institut National de la Statistique ; Résultats ECAM I, Enquête Camerounaise Auprès des Ménages). Une mosaïque de plus de 200 ethnies avec environ 24 langues principales constitue l’une des originalités de ce pays. L’héritage de deux cultures coloniales (anglaise et française) a fait du Cameroun un pays bilingue. Il s’agit d’un pays doté de potentialités économiques, naturelles et humaines énormes mais dont l’exploitation ne profite qu’à une infime minorité, ce qui se traduit par ce paradoxe : le Cameroun fait partie du « sérail » des Pays Pauvres Très Endettés.

Pour aller plus loin :

- Le site de DM-échange et mission

- Le site du CAFRAD

Depuis des années déjà, pourtant, divers indicateurs signalaient que la situation socio économique se dégradait rapidement : ainsi, par exemple, des études menées conjointement par le gouvernement et certains bailleurs de fonds (en 1996 et 1997) relevaient une chute du revenu par habitant de 52% à Yaoundé et 31% à Douala ; la situation a empiré depuis. Le chômage persiste et s’aggrave, notamment dans les grandes villes. Les chiffres officiels masquent à la fois d'importantes disparités et la forte prédominance du secteur informel : 90,5% des actifs occupés exercent dans l’informel au Cameroun tandis que 7 actifs occupés sur 10 sont en situation de sous-emploi. Le taux de chômage au sens du BIT n’est que de 3,8% (5,6% au sens élargi), mais les villes de Douala et Yaoundé concentrant l’essentiel des chômeurs (50%). Le chômage touche principalement les jeunes (15-34 ans) et les femmes (65,5%) dans les grands centres urbains. L’essentiel des emplois demeurent précaires (lire sur ce point la présentation faite en août 2012 par le service économique régional de l'ambassade de France au Cameroun).

Outre le chômage, la situation de précarité et de stress que vivent bien des jeunes dans les différentes agglomérations du Cameroun sont exacerbés par la structure sociale traditionnelle locale : celle-ci, axée sur les valeurs de la hiérarchie, de la prédominance d’âge, de respect de fonction, de la position sociale, du poids des traditions etc. ne donne pas suffisamment de poids et de force aux jeunes pour s’exprimer, s’épanouir. Or aujourd’hui, ces derniers ont besoin d’avoir des perspectives pour leur vie, de participer activement à la vie de leur société, d’être écoutés et respectés.

B. Le CAFRAD : genèse, mission, organisation et réalisations

Dans un tel contexte, l'objectif global assigné au CAFRAD (Centre d’Animation, de Formation, de Recherche et d’Appui au Développement) est de "contribuer à la réduction de la pauvreté et à la stabilisation sociale du pays à travers la création d’emploi, la citoyenneté active des jeunes et leur insertion socioprofessionnelle, tout en promouvant l’équité entre homme et femme".

Le CAFRAD est une œuvre Sociale Privée de l’Église évangélique du Cameroun, fondée par trois Églises protestantes du Cameroun en 1965 sous l’appellation OSO. Puis, suite au transfert de tutelle à une seule église, l’EEC, l’OSO change de nom pour CAF (Centre d’Accueil et de Formation). Ce n’est qu’en 1994 que le CAFRAD devient une structure d’Animation, de Formation de Recherche et d’Appui au Développement.

C’est ainsi, qu’en son 36ème synode général, l’Église évangélique du Cameroun a assigné au CAFRAD :

  •  d’être un outil missionnaire de concrétisation de l’évangélisation dans un contexte urbain
  •  d’être un moyen efficace et efficient de lutte contre le chômage et la pauvreté des jeunes sur le double plan professionnel et humain.

Le CAFRAD a une longue tradition dans l’aide au développement. Il se soucie des pauvres et marginaux, veut promouvoir l’emploi, donner un avenir aux jeunes. Comparé à d’autres acteurs du domaine, les concepts d’intervention du CAFRAD sont souvent progressistes, témoignent d’un esprit d’avant-garde tel que le recensement des artisans, les formations aux métiers artistiques (dans le passé), la formation en hôtellerie, les formations à la carte des apprentis, le service des conseils fiscaux et juridiques.

Au sein du CAFRAD, André Paley va travailler plus spécifiquement au niveau du CEF (Centre d'échange et de formation). Il fonctionne comme centre d’hébergement, et forme en même temps des jeunes en hôtellerie / restauration ; c'est une formule qui contribue à l’autofinancement du CAFRAD, et la formation dispensée est largement appréciée dans le secteur. Quant à la formation complémentaire des apprentis, le vrai acquis est que le CAFRAD s’est lancé à cette activité plus au moins novatrice dans la formation professionnelle. Effectivement, il n’y a pas beaucoup d’acteurs qui se dédient aux apprentis."

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