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Centrafrique : la maire de Bangui devient présidente, et lance un appel à la paix

Un marché en Centrafrique - Jean-Luc Blanc pour Défap

Catherine Samba-Panza a été élue présidente de la République centrafricaine lundi. Elle a aussitôt lancé un appel au calme, alors que les violences continuent, et que cette élection ne lève en rien les inquiétudes. Des inquiétudes dont témoignent les dernières lettres reçues de Bangui par le Défap et la Cevaa.

>> Appel à la paix de responsables religieux : le Communiqué de Maroua (janvier 2013) <<

>> Pourquoi la France intervient en Centrafrique : explication par les cartes sur lemonde.fr <<
>> Actualité : l'ONU redoute un génocide en Centrafrique (sur France 24) <<
>> Actualité : des musulmans se réfugient dans une église (sur fait-religieux.com) <<

>> Actualité : la maire de Bangui, élue présidente, appelle à déposer les armes (sur liberation.fr) <<

 

« Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka qui m’écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes. A mes enfants ex-Séléka qui m’écoutent aussi, déposez vos armes. A compter de ce jour, je suis la présidente de tous les Centrafricains sans exclusive ». Tels ont été, lundi, les premiers mots de la nouvelle présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, qui était jusqu'à ce jour la maire de Bangui. Elle venait d'être élue par le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) au second tour de scrutin en remportant 75 voix, contre 53 pour Désiré Kolingba, fils de l'ancien président André Kolingba.

Le même jour, à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont approuvé l'envoi de renforts de l’Union européenne pour venir soutenir les soldats français de l'opération Sangaris. Pendant que les pays donateurs, prenant la mesure de la crise humanitaire en Centrafrique (crise « si longtemps oubliée », selon le mot d'une commissaire européenne, et qui a suscité des appels conjoints du Défap et de la Fédération protestante de France), ont voté le déblocage d'un demi milliard de dollars pour la République centrafricaine en 2014.

L'appel à la paix de Catherine Samba-Panza sera-t-il entendu ? A Bangui, la violence règne toujours. En témoignent les dernières lettres de nouvelles d'un pasteur évangélique avec lequel le Défap est en lien. Il est également coordonnateur de l’organisation Nations en Marche Mission et Jeunesse. Il entretient aussi une correspondance suivie en France avec Jean-Jacques Puig, membre du conseil local de l'Eglise protestante unie du Nord-Médoc, qui s'efforce de donner de l'écho à ses témoignages auprès des protestants du Sud-Ouest.

 

 

 

19 janvier 2014 - soir (Bangui)
 

 Un Conseiller m'a appelé pour demander de beaucoup prier pour les élections

« Nous avons passé la journée au CNT. Les différentes interventions devaient placer les membres du CNT face à leur conscience pour le choix du président de la transition. Sur 24 dossiers déposés 8 candidats étaient retenus. Ce soir un Conseiller m'a appelé pour demander de beaucoup prier pour les élections (...).

Aujourd'hui, il y a encore eu des morts à Bangui. Hier des musulmans ont entraîné un taximan et l'ont tué. Ce matin les jeunes du quartier se sont vengés en tuant 2 musulmans. Ainsi la violence répond à la violence. La circulation était difficile sur l'avenue Boganda jusqu'à ce soir. Merci de continuer à prier pour nous.

Quand j'avais appelé le pasteur Y ce matin à Carnot, sa voix se nouait de sanglots par rapport à ce qui se passait dans sa ville. Les Séléka ont commencé par quitter les lieux, mais ils dévalisent autant qu'ils peuvent la population.

Merci pour vos soutiens et que Dieu vous bénisse.

Fraternellement, A.. »

 

19 janvier 2014 - matin (Bangui - pasteur évangélique)


Ils vont se regrouper dans le nord pour une éventuelle partition du pays

« Les Séléka continuent de quitter les villes de l'arrière-pays. Hier j'ai appelé le pasteur Y à Carnot qui témoignait des exactions que ces hommes en treillis commettaient avant de quitter les lieux. Toute la ville était en proie à la panique. La majorité de la population s'est réfugiée de l'autre côté du pont.

A Berbérati, E m'a dit que des motos des chrétiens étaient saisies par les ex-rebelles avant de partir. A Nola c'était aussi la panique. Les Séléka emportent tout ce qu'ils peuvent. Les seules choses qu'ils abandonnent sont les Séléka non musulmans à la merci de la population, me témoignait le pasteur M à Yaloké. Ils vont se regrouper dans le nord pour une éventuelle partition du pays. Prier que le Seigneur nous épargne de ce mal non nécessaire.

Nous serons ce matin au CNT dans le cadre de la consultation avec les forces vives de la nation. Preir que le Seigneur soit au contrôle de tout, car ce n'est pas encore gagné avec ce que certains Conseillers Nationaux me disent.

Que Dieu vous bénisse. »

 

 
 
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