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Centrafrique : retour de mission à Bangui

Quelles sont les racines et les implications de la "violence extrême" que connaît aujourd'hui la société centrafricaine ? Nous vous proposons cette semaine une série de témoignages d'intellectuels et religieux français de retour de Bangui. Ils y étaient au cours du mois d'octobre dans le cadre d'une série de rencontres organisées par l’Observatoire Pharos du pluralisme des Cultures et des Religions, avec le soutien du Défap, de Pax Christi France et de l’association Liberté pour l’esprit. Ces témoignages, recueillis par Pharos, ont été également repris par La Croix, dont un journaliste, Laurent Larcher, accompagnait la délégation.
Le site de l’EPCRC

>> Le site de Pharos <<

>> Retrouvez l’article de La Croix : "A Bangui, face à la violence extrême" <<
>> Message de Centrafrique : « Nous sommes dans la fournaise » <<
>> Visite de solidarité à Bangui : le dossier de la Cevaa <<

Rencontre à Bangui entre intellectuels centrafricains et la délégation envoyée par Pharos avec le soutien du Défap, de Pax Christi France et de l’association Liberté pour l’esprit © Pharos

Dans le drame centrafricain, l’impunité est une composante essentielle. C’est elle qui encourage les bourreaux à passer à l’acte, qu’ils soient chefs de bande, ex-Séléka ou anti-balakas, ou citoyens centrafricains ordinaires poussés un jour aux pires exactions par un drame plus insupportable qu’un autre, la haine et la peur. La violence a lieu en plein jour, en pleine rue, devant des centaines de témoins. Les bourreaux agissent sans se cacher. En juillet dernier, Amnesty international diffusait un rapport accablant (et lourd d’accusations envers les politiques centrafricains) dans lequel on pouvait notamment lire : "Les auteurs des attaques menées en République centrafricaine agissent généralement à visage découvert et sans témoigner aucune crainte d’éventuelles sanctions. Dans certains cas, ils sont bien connus de leurs victimes et des autorités".

La présidente de transition, Catherine Samba-Panza, dont l’accession au pouvoir avait suscité beaucoup d’espoirs, est elle-même politiquement affaiblie et dans une position difficile pour gérer les difficultés de son pays. En octobre dernier, le magazine Jeune Afrique révélait la gestion douteuse par le gouvernement de transition d’une partie du don de 10 millions de dollars (7,9 millions d’euros) de l’État angolais à la Centrafrique. Pendant plusieurs jours, le Conseil national de transition (CNT) avait exigé du gouvernement des explications, sans jamais obtenir de réponse claire sur la « disparition » d’un quart de la somme, soit environ 1,132 milliards de F CFA. Catherine Samba-Panza s’est défendue de toute malversation et a menacé de révéler « la longue liste des bénéficiaires ». Mais sa démission a été réclamée à la fois par des leaders des ex-Séléka (comme le général Joseph Zoundeïko) et des anti-balakas (comme Patrice-Edouard Ngaïssona). La présidente de transition est aussi en conflit ouvert avec le deuxième personnage de l’État, le président du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif intérimaire.

La violence peut survenir à tout moment

Rencontre à Bangui : la délégation, au centre catholique de Bangui © Pharos

Pour autant, la Centrafrique n’est pas un champ de bataille. A Bangui, les habitants doivent bien vivre, bon gré, mal gré, s’occuper du quotidien, se rendre à leur travail... dans une ville, dans un pays où toutes les structures publiques, à commencer par celles censées assurer les fonctions régaliennes essentielles, sont défaillantes. La violence peut donc survenir à tout moment, sans signes avant-coureurs, et devenir en un instant une violence sans limite. Sans frein extérieur (pas de police, et des forces internationales trop souvent dépassées) et sans une sanction après coup (pas de justice). Combien de Centrafricains confrontés à cette violence extrême dans leur vie ordinaire, dans leur rue, mis brutalement face à l’horreur (lynchages et meurtres en pleine ville, décapitations, corps démembrés...) ? Combien d’enfants marqués à vie par de telles scènes - et quelles conséquences à long terme dans la vie de la société centrafricaine ?

C’est pour comprendre les ressorts de cette violence extrême, ses raisons et ses implications, qu’une délégation d’intellectuels et de religieux français s’est rendue courant octobre à Bangui (lire : "Centrafrique : « Comprendre les racines de la violence extrême »"). Cette délégation comptait à la fois des intellectuels et des religieux ; elle était composée, par ordre alphabétique, du pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, le département missionnaire des Églises de France, d’Antoine Garapon, magistrat, de Laurent Larcher, journaliste à La Croix, de l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou, de Françoise Parmentier, sociologue, de Jacques Sémelin, historien et de Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France. Plusieurs des membres de ce groupe ont été invités à raconter leur expérience, leurs rencontres et revenir sur les racines de la crise centrafricaine à leur retour sur France Culture, dans l’émission "Esprit de justice". A réécouter ci-dessous et sur le site de France-Culture :

>> Comment sortir des violences extrêmes en République centrafricaine ? "Esprit de justice", 6 novembre 2014 <<

 

Les rencontres prévues sur place avec des intellectuels centrafricains étaient organisées par l’Observatoire Pharos du pluralisme des Cultures et des Religions, en collaboration avec le Défap, Pax Christi France et l’association Liberté pour l’esprit. Les comptes-rendus des participants, rédigés pour le compte de l’Observatoire Pharos et reproduits dans La Croix, évoquent des témoignages éprouvants de Centrafricains confrontés à une violence généralisée, et qui s’efforcent de mettre des mots sur cette dégradation catastrophique de la société centrafricaine. Nous vous proposons de les retrouver cette semaine sur le site de la Cevaa, en attendant une prochaine vidéo de Pharos faisant un bilan de ces rencontres.

Depuis un an, l’Observatoire Pharos conduit, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères et de l’Agence française de développement (AFD), un programme d’étude, de veille et de rencontres sur la crise centrafricaine. Cette mission en est une étape importante. Il se conclura début décembre 2014 par un forum de dialogue organisé à Bangui. Pour sa part, la Cevaa a déjà organisé une visite de solidarité à Bangui avec le Défap et la CETA (Conférence des Églises de Toute l’Afrique), pour marquer sa solidarité envers toute la population centrafricaine et son soutien à son Église membre locale, l’EPCRC (Église protestante Christ-Roi de Centrafrique). La Cevaa a notamment ouvert un poste pastoral à Bangui, qui a été récemment pourvu.

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