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Centrafrique : «La population civile paye un lourd tribut»

Soldats de la Misca à Bangui (Twitter/Peter Bouckaert)

Tirs d'armes lourdes dans des quartiers de Bangui, tensions permanentes autour du "Km5", grand quartier majoritairement peuplé de musulmans et actuellement rendu inaccessible, relations difficiles entre les habitants et les forces de la Misca : ces dernières lettres d'un pasteur de Bangui témoignent du quotidien difficile dans la capitale de la République centrafricaine.
Soldats de la Misca à Bangui (Twitter/Peter Bouckaert)

 

 

 

 

L'auteur de ces lettres est un pasteur d'une Église évangélique de Bangui. Il est également coordonnateur de l’organisation Nations en Marche Mission et Jeunesse. Il entretient aussi une correspondance suivie en France avec Jean-Jacques Puig, membre du conseil local de l'Église protestante unie du Nord-Médoc. Si vous voulez plus de nouvelles de ce pasteur et de sa famille, vous pouvez joindre directement Jean-Jacques Puig.

 

 

 

 

 

28 mars

Tout Centrafricain n'est pas anti-balaka

 

 

 

Suite à la déclaration de guerre lancée par les responsables de la Misca contre les anti-balakas, c'est toujours la population civile qui paye un lourd tribut lorsque des quartiers sont attaqués. La Misca était censée intervenir pour protéger la population et non lui faire la guerre. Tout Centrafricain n'est pas anti-balaka. L'incapacité et l'irresponsabilité du gouvernement actuel permettent tous les abus.

 

"Mal-à-l'aise" est le nom d'un colonel de la Séléka qui mettait mal à l'aise tout son entourage. C'est lui qui s'était donné ce nom. Par la suite, il s'est exprimé à travers un communiqué radio lorsque les choses ont changé, pour demander pardon à ses voisins. C'est ce même homme qui a été pris, porteur d'un uniforme de la Misca, parmi les Burundais. Cette pratique était régulière avec les forces tchadiennes. De là, on peut comprendre la confusion actuelle dans le pays. Qui roule pour qui?

Cette nuit, des musulmans - qui ne pouvaient s’aventurer seuls dans le secteur, et qui donc étaient probablement accompagné par des hommes en uniforme - ont balancé des grenades sur des personnes à une place mortuaire dans mon quartier, faisant plusieurs morts - au moins 6 - et des blessés dans des états très graves. La population sous le choc est paniquée, ne sachant plus à quel saint se vouer. Prier car la famille à la maison est traumatisée. Merci de prier pour la protection de la population civile et de la famille.

Que Dieu vous bénisse

26 mars

Les avenues aboutissant au Km5 sont impraticables depuis plusieurs mois

La ville de Bangui est toujours sous tension. Les anti-balakas affrontent la Misca et les Sangaris - qui épaulent la Misca dans ces combats. Les anti-balakas veulent que les forces venues à Bangui désarment les musulmans armés du 5ème arrondissement et du (quartier du) Km5, puisque l'avenue Koudoukou et l'avenue de France aboutissant au Km5 sont impraticables depuis plusieurs mois et que les passants non-musulmans sont quotidiennement menacés d'assassinat s'ils se hasardent à emprunter ces avenues. Il y a déjà des dizaines de morts et de gros dégâts collatéraux. Prier pour la population civile qui paye toujours un lourd tribu.

Prier aussi pour Mac et Paulin qui ont été tabassés par les soldats burundais (de la Misca) et s'en sont sortis avec diverses blessures. Cette situation n'entamera en rien notre engagement de médiation dans le combat que nous menons dans le pays.

Prier aussi pour Arielle (membre de la famille du pasteur qui a fui les violences en se réfugiant au Burkina Faso) qui a fait des hémorragies nasales suite à une crise d'hypotension (8 de tension) qui perdure à cause de la chaleur qui frappe Ouagadougou. Il en est de même de Caleb qui a de constants maux de tête puisqu'il est hypertendu, ce qui perturbe ses études. Odile aussi supporte difficilement la chaleur et son problème cardiaque ne s'améliore pas.

Merci et que le Seigneur vous bénisse

 

22 mars

Notre secteur est soumis à d'intenses coups de canon

Depuis plus de trois jours, tous les soirs, notre secteur est soumis à d'intenses coups de canon. Les délinquants du coin déguisés en anti-balakas, qui n'ont d'autre but que de piller les magasins des musulmans (soi-disant pour se venger des pillages organisés par les rebelles de la Séléka et dont certains produits ont été cédés à des aux musulmans), poussent les soldats burundais (de la Misca) à faire usage des armes.

Un groupe commando musulman a aussi fait des infiltrations dans le quartier pour s'en prendre à la population. Devant l'immobilisme des hommes en arme, la population a fait appel aux anti-balakas piur leur demander de venir les protéger. La situation devient complexe. Certains habitants ont commencé à déménager. Prier que le gouvernement prenne ses responsabilités pour ramener la quiétude et la cohésion dans les quartiers.

Que Dieu vous bénisse

 

19 mars

Un jet de grenade pour piller en profitant de la confusion

Il s'en est fallu de peu que je ne passe la nuit hors de ma maison à cause des derniers événements. Comme l’on pouvait le craindre, une grenade semble avoir été lancée par les occupants d’un taxi sur des commerçants musulmans au Km5 devant le cinéma Rex, avec le but de créer la confusion pour effectuer des pillages. La réaction de ces derniers n'a pas tardé. Leur groupe d’attaque dénommé "Texas", armé de AK 47, de machettes et autres armes blanches, semble avoir fait une incursion dans le quartier Kpéténé, jusqu’au niveau de l’église Catholique St Jacques. Appelés à la rescousse, les contingents burundais ont refusé d’intervenir. Les éléments de Sangaris ont réussi à faire repartir les musulmans. Après le départ des Français, les musulmans sont encore revenus sur leurs pas afin de commettre des exactions. Les jeunes gens ont réagi et cela a déplu aux soldats burundais qui ont ouvert le feu. Les jeunes ont lancé une grenade sur les Burundais – il semble qu’ils auraient désarmé des soldats et que d’autres seraient blessés - et c’est dans une folie meurtrière que les Burundais excédés ont envahi le quartier tirant sur tout ce qui bougeait, et faisant des victimes. La population a déserté le quartier à la suite de cette incursion des militaires. Je ne pouvais pas rentrer chez moi, car depuis le matin nous étions à l'extérieur, d'abord à la Fateb, puis à l’évêché pour une série de réunions. Dieu merci, vers 17 heures, le calme était revenu et j’ai pu regagner la maison. C’est dire combien la situation reste volatile et que tout peut arriver.

Sur une toute autre rubrique, les Sélékas renforcent de plus en plus leur position dans le nord et maintenant dans le Centre Est pour l’éventuelle partition du pays. Nous ne savons pas pourquoi la communauté internationale reste silencieuse devant de tels projets (...).

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